Conclusion

CONCLUSION

Dans cette thèse, j’ai tenté de suivre cette ligne directrice : « L’ethnologie s’efforce de mettre à jour les logiques qui sous-tendent les comportements […] » (Ghasarian, 2001, p. 7). De la même manière que Christian Ghasarian s’est « efforcé de déterminer les systèmes de valeurs et de logiques qui animent les électriciens travaillant pour la société Mitac » (ibid.), j’ai cherché à comprendre les systèmes de valeurs et de logiques qui animent les membres du DPW. Ce faisant, il est apparu que l’identité collective et le sentiment d’appartenance communautaire du DPW étaient particulièrement forts et dépassaient de loin le simple attachement à une entreprise ou à un groupe de collègues professionnels. J’ai donc montré comment cette identité collective se construit tout au long de la saison, de la construction de la ville de Black Rock City à sa déconstruction, à travers une articulation très rythmée entre travail et dispositifs ritualisés à caractère festif. Ce processus est marqué par des tensions inhérentes au caractère éphémère de Burning Man et aux dynamiques de travail des membres du DPW : construire pour déconstruire, se retrouver pour se quitter, et surtout construire et déconstruire pour les autres.

À chaque période de la saison – relevé topographique (Survey), construction (Build), déconstruction (Strike) et ramassage des micro-déchets (Playa Restoration) – se joue à la fois un rapport à l’espace et des dynamiques relationnelles spécifiques. Chaque période est encadrée par des dispositifs plus ou moins ritualisés qui marquent un changement à venir. La saison de travail du DPW repose ainsi sur une temporalité codifiée et récurrente, qui repose sur une logique rituelle au sein du groupe et détermine ses relations symboliques aux « autres ». La saison est par ailleurs rythmée par des moments de reconnaissance et de gratitude communautaires publiques, tels que la cérémonie des patchs d’ancienneté au cours de la DPW Parade pendant la semaine de Burning Man, et la remise des patchs de Playa Restoration en fin de saison.

La dynamique du groupe est, quant à elle, marquée par un effet d’élargissement puis de rétrécissement. Au départ, seuls les plus anciens, souvent managers, sont présents ; viennent ensuite s’ajouter progressivement les autres membres, jusqu’à la réduction progressive du groupe pour Playa Restoration. Cette dynamique instaure la prééminence d’une mémoire collective partagée par les anciens membres sur l’accueil des nouveaux venus, lesquels s’intègrent à une saison déjà en cours.

C’est pourquoi la saison est marquée par trois dispositifs ritualisés d’ouverture, selon l’arrivée des différentes vagues de membres DPW : le Golden Spike, le Fence Day et la Meeting Party. Chaque dispositif instaure à sa manière une entrée dans un « temps autre », distinct du monde ordinaire. Le Golden Spike repose sur un regroupement initial autour du premier marquage territorial, le Fence Day sur un effort collectif partagé, et la Meeting Party, réservée aux nouveaux membres, propose une acculturation progressive où le style métacommunicatif du DPW est mis en avant. Ensemble, ils constituent un cadre rituel d’ouverture à une expérience spécifique.

L’Early Man, organisé une semaine avant le début de Burning Man, ouvre la ville, jusqu’alors principalement occupée par le DPW, à plusieurs milliers de burners autorisés. Cette célébration offre au DPW, à travers l’exposition de ses projets artistiques, l’occasion d’affirmer l’identité propre de chaque département, ainsi que parfois leurs rivalités. C’est une fête relativement transgressive par rapport à la solennité de la soirée dédiée au brûlage du Man (Man Burn), et elle agit comme une mise en abyme rituelle de celui-ci.

Enfin, le 4:20 Spire et la Kickball Party interviennent, pour le premier, peu avant le début de Burning Man, au moment où le DPW s’apprête à partager la playa avec les burners ; et pour le second, au cours du Strike, lorsque burners et forces de l’ordre sont partis, et que le collectif retrouve l’exclusivité du site et son autonomie. Ces dispositifs rituels exemplifient l’articulation entre dimensions structurelles et relationnelles du fonctionnement rituel. Ensemble, ils encadrent rituellement l’arrivée et le départ des burners et structurent symboliquement le rapport au temps et à l’espace du DPW. Par leur caractère explosif, par l’expression d’une violence plus ou moins maîtrisée et d’une prise de risque collective volontaire, d’où résulte un sentiment de contrôle de soi, ils réaffirment leur puissance collective et l’appropriation « existentielle » (Ripoll et Veschambre, 2005, p. 5) de l’espace.

Au cours de la semaine de Burning Man, les deux dispositifs majeurs rencontrés par le

DPW sont le Thunderdome et la DPW Parade. Ils consistent en une expression ritualisée agonistique et performative. Le premier met en scène un combat en duel où se rejoue, en filigrane, l’affirmation identitaire et la reconnaissance mutuelle d’un membre par son groupe à travers une démonstration de force et de courage. Le second, la DPW Parade, permet au groupe de se donner à voir en tant que tel et de réaffirmer sa domination symbolique sur la ville qu’il a construite.

Les rituels qui cadrent la fermeture du cycle, selon les vagues de départ des membres, que ce soit le Last Supper au cours du Strike ou à la fin de Playa Restoration, le Talent Show et le Last T-Stake, permettent l’expression de vulnérabilités individuelles dans le contexte d’une contenance collective et d’une forte identité déjà consolidée. Le ton est celui d’une énergie plus douce, faite de gratitude et de reconnaissance, car la démonstration d’appartenance au groupe est déjà acquise. Ce cycle rituel éphémère de construction-déconstruction est structurant et instaure, paradoxalement, la pérennité de la communauté DPW et des liens relationnels entre ses membres.

En contrepoint, le comportement rituel des burners est présenté dans la thèse à travers quatre dispositifs représentatifs, mais non exhaustifs, de leurs pratiques. Les deux premiers (rituel d’entrée et Temple) constituent des invariants de l’expérience burner, tandis que les deux suivants (Emotional Freedom Technique et Visionary Art) relèvent d’expressions possibles de comportements rituels. Le rituel d’entrée marque le passage d’un monde à un autre, notamment par un geste enfantin (dust angel) et, à certains égards, transgressif, consistant à se rouler dans la poussière (dust). Le Temple permet de se défaire de relations dont le deuil n’est pas encore accompli, de manière cathartique. L’Emotional Freedom Technique (tapping) offre la possibilité de se projeter dans un moi qui serait désentravé des injonctions sociales et des relations d’attachement précoces. Enfin, le Visionary Art permet, à travers la réception d’une œuvre, la réminiscence d’une expérience phénoménale vécue sous enthéogènes, qui reflète une version extraordinaire ou exploratoire de la conscience de soi. Tous ces dispositifs reposent sur une expérience éminemment individuelle, rendue possible par la présence d’un cadre collectif.

Pour les burners, l’expérience de Burning Man s’organise elle aussi autour de dispositifs rituels d’ouverture et de fermeture, marquant la transition du statut de virgin (novice) à celui de burner. L’ouverture commence avec l’arrivée sur le site, précédée d’une longue attente dans les voitures, d’un contrôle et d’un rituel d’entrée. La fermeture, quant à elle, s’achève avec le brûlage final du Temple, suivi du départ définitif, une fois encore marqué par une longue attente dans les embouteillages lors de la sortie (Exodus), pour rejoindre le monde par défaut (default world). La semaine de Burning Man incarne, quant à elle, une période liminaire par excellence, un temps d’hubris dont l’apogée festive est marquée par le brûlage du Man.

La comparaison entre ces deux expériences distinctes (burners vs DPW) de Burning

Man peut être schématisée de la manière suivante :

burners

DPW

Ouverture (séparation) : Longue attente, contrôle strict, puis rituel d’entrée marquant la séparation entre le default world et Burning Man.

Ouverture (séparation) : Le Golden Spike, le

Fence Day et la Meeting Party : marquage territorial, délimitation de la ville, transmission de l’ethos du groupe.

Entre-deux (marge) : L’hubris de la semaine de Burning Man culmine avec l’effervescence du brûlage du Man.

Entre-deux (marge) : Deux pics d’intensité rituelle viennent rythmer cet entre-deux : le

4:20 Spire, peu avant le début de Burning

Man, au moment où le DPW s’apprête à partager la playa avec les burners ; et la

Kickball Party, au cours du Strike, lorsque les burners et les forces de l’ordre sont partis.

Fermeture (agrégation) : Brûlage du Temple puis longue attente dans l’Exodus, retour progressif dans le default world.

Fermeture (agrégation) : Le Last Supper durant le Strike ou le Last T-Stake à la fin de

Playa Restoration : gratitude puis dissolution du groupe.

Parmi les pistes de recherche qu’ouvre cette ethnographie et qui représentent pour moi de possibles futurs champs d’investigation, figure une étude sociologique de la précarité socioéconomique des membres du DPW. Le contraste est en effet saisissant entre le sentiment d’appartenance et d’accomplissement social et professionnel qui règne au cours de la saison DPW, et l’isolement social, les fragilités psychologiques, ainsi que les difficultés financières et matérielles auxquelles bon nombre de ses membres sont confrontés dans le monde ordinaire.

La précarité et l’isolement social sont, pour certains, aussi tangibles que l’intensité communautaire positive de l’expérience vécue au sein du DPW. La saison de travail constitue parfois une échappatoire salvatrice, bien que provisoire, dans des parcours de vie déjà fragilisés. Comme l’explique Ethan* : « À ce moment-là, tout s’est un peu effondré dans ma vie. Comme beaucoup de gens, je suis venu faire le DPW quand j’étais un peu au bout du rouleau. [rires] » (entretien, 2016*). Au moment du départ, le retour à une réalité marquée par l’isolement social renforce un sentiment d’abandon et de détresse. Pour certains membres, le DPW peut ainsi constituer la seule communauté de référence et d’identification236. Je me souviens ainsi d’un

236 Le témoignage de Lava* exemplifie ce phénomène :

fait qui exemplifie cet isolement social : lors d’un morning meeting en 2016, Logan a annoncé la mort de Hank*, un membre décédé sans famille connue, et s’interrogeait sur le lieu où disperser ses cendres.

Le profil social du DPW peut s’expliquer en partie par cette disponibilité temporelle : les personnes qui y participent sont celles qui peuvent suspendre leur vie quotidienne, leur travail et leur vie de famille pendant douze semaines, ce que peu d’Américains peuvent se permettre. Comme le souligne Coyote, le DPW attire un certain type de public, souvent composé de personnes nomades qui n’ont pas vocation à « revenir à leur bureau et attendre la retraite » (entretien, 2016). Mais ce mode de vie, aventureux et « libre », même s’il est volontairement choisi, peut aussi devenir source de fragilité lorsqu’il devient une forme de nomadisme imposée au long terme237. La précarité des conditions de vie, l’accès limité à l’hygiène et, surtout aux États-Unis, la quasi-inaccessibilité des soins médicaux accentuent ces risques de précarisation. Pour les membres du DPW plus sédentaires, installés en colocation à Reno, en Californie ou ailleurs, la gestion des contraintes matérielles et financières peut également poser problème. Un rappel était ainsi effectué chaque début de mois lors des morning meetings du DPW, d’août à octobre : « Payez votre loyer ! C’est le premier du mois ! ». Ce rappel, qui réintroduit brutalement le « monde extérieur », vise à éviter que certains, faute de vigilance, ne se retrouvent à la rue à leur retour.

Malgré ce constat, l’accompagnement du DPW par Burning Man Org en matière de conditions matérielles et sanitaires apparaît particulièrement lacunaire. J’ai été particulièrement frappée par l’absence d’accompagnement médical du DPW. Après des semaines de vie collective, aucun bilan de santé, ni même de dépistage d’infections sexuellement transmissibles (IST), n’est proposé aux membres du DPW. En France, ces services sont facilement accessibles dans le secteur public, parfois même sur les lieux de travail. Aux États-Unis, les soins sont coûteux et rien n’est mis en place par Burning Man Org pour en faciliter l’accès. Une carie peut ainsi se transformer en problème majeur, faute de soins dentaires abordables.

Par ailleurs, à la suite de l’annulation des éditions 2020 et 2021 à cause du Covid-19, des appels aux dons menés par le service philanthropie de Burning Man Org ont été lancés auprès de la communauté burner pour compenser les pertes financières. Toutefois, aucune aide

n’a été prévue pour les membres du DPW, dont les vies déjà précarisées ont été particulièrement affectées238.

Cette situation met en lumière la complexité dans laquelle se situent les membres du

DPW. Leur engagement annuel, la solidarité éprouvée et leur attachement particulièrement fort à la communauté, ne leur donnent pas envie d’accéder à des emplois stables, les incitant à enchaîner des jobs saisonniers, précaires ou non déclarés, pour rester libres et dans cette « DPW high life ». Comme l’explique Loup* :

« Burning Man a inventé tout un ensemble d’idéaux pour créer une zone autonome temporaire, une sorte d’utopie échappant à la persécution gouvernementale, mais en faisant cela, ils ont rendu presque impossible une prise en charge adéquate de leur maind’œuvre. Cela a créé une culture du travail où les membres ne peuvent que survivre, espérant trouver un petit boulot, comme récolter de la marijuana, pour gagner assez d’argent et s’envoler vers un pays en développement jusqu’au prochain cycle. Certains appellent cela le DPW high life » (document personnel, 2019*). Les emplois saisonniers en question sont multiples : récolte de marijuana en septembre, chantiers de construction, marchés de Noël, pêche en Alaska, ou encore gestion des déchets de festival. Certains, notamment dans le département TSA attenant au tri et à la gestion des déchets/ressources, vont de festival en festival en tant que travailleurs du déchet. Les Trash Pirates, par exemple, passionnés de recyclage, sont parmi les plus connus sur la côte Ouest. À cette précarité socio-économique s’ajoutent des fragilités psychologiques. Sans données statistiques précises, cette vulnérabilité psychique apparaît de façon intuitive, à travers des récits de vie et des trajectoires personnelles. Raphaël, un français, par exemple, décrivait avec humour son équipe lors de Resto en 2017 : « Il y avait à ce moment devant moi une quinzaine de personnes (mon équipe) dont on aurait dit qu’elles étaient chacune prise dans leur monde propre. Je suis sûr que le manuel des maladies psychiatriques aurait quelques cases pour chacun d’entre eux. Un peu comme un groupe d’enfants où chacun est dans son univers et s’exprime tout fort mais où le tout forme un groupe cohérent » (Raphaël, post Facebook, 2017). Le taux de suicide est malheureusement particulièrement élevé parmi les membres du DPW, d’environ trois par an239. C’est une réalité profondément ancrée dans la culture de cette

239 Un article de Salon.com rend compte de ce phénomène de suicide en incluant dans les travailleurs : le DPW,

communauté et qui continue malheureusement à se perpétuer : « Il est impossible de discuter honnêtement de la culture de travail au sein du DPW sans mentionner le suicide » déclare Loup* (document personnel, 2019*). Eric aussi se dit extrêmement inquiet par ce phénomène : « En 2014, nous avons eu trois suicides. À ce moment-là, notre taux de suicide avait littéralement explosé » (entretien, 2017*). TPR décrit également les difficultés que pose cette situation :

« L'une des choses les plus dures, et je la vois chaque année, c'est quand les gens quittent cet endroit. Nous avons eu beaucoup de suicides dans notre groupe. Je veux dire, chaque fois que vous avez beaucoup d'artistes dans une communauté, vous allez avoir des suicides. Chaque fois que vous avez des gens passionnés ou des gens alternatifs, il y aura plus de suicides. Mais une des choses qui se produit après que les gens quittent cet endroit est un intense sentiment de mélancolie ou de solitude » (TPR, entretien, 2017). Enfin, Linda*, une personne transgenre, explique que cet état des choses est en grande partie lié à la nature même de la communauté du DPW, qui attire « beaucoup de marginaux, et c’est ici qu'ils se sentent chez eux ». Lorsque cet espace protecteur disparaît à la fin de l’événement, « c’est beaucoup plus difficile de ressentir cela. […] La réalité peut être effrayante et déprimante, car pour beaucoup le DPW est bien plus qu’un simple événement : c’est notre sanctuaire » (entretien, 2017*).

Notes

  1. « Burning Man m’a offert quelque chose avec quoi m’identifier, quelque chose dont je pouvais être vraiment fier. C’est une chose que je n’avais pas en grandissant. Je ne voulais pas m’identifier à mes parents, ni à ce qu’ils faisaient, ni à ma ville natale, ni à tout ce qui m’entourait à l’époque. Burning Man, c’était tout ce que ma ville natale n’était pas. C’était un lieu où je pouvais me sentir à l’aise, entouré de personnes créatives qui faisaient des choses créatives, un endroit vibrant, vivant en permanence. Je me suis senti immédiatement chez moi, en paix ici » (entretien, 2016*). Il évoque également l’effet parfois brutal du retour à la réalité après l'intensité de l’expérience DPW : « Vous avez cette chose incroyable qui dure deux mois, et puis tout d'un coup tout le monde rentre chez soi. Pour ceux qui n'ont pas de chez soi ou même s'ils en ont, tu peux te sentir très seul » (entretien,
  2. Ce phénomène de nomadisme, marqué par la vie en véhicules et le travail saisonnier, n’est pas exclusif aux jeunes américains. Comme l’a documenté Jessica Bruder dans Nomadland: Surviving America in the Twenty-First Century (2017), il touche aussi des retraités, qui n’ayant pas de retraite suffisante sont contraints de vivre en camionnettes. Pour gagner quelques sous, ils se déplacent d’un entrepôt Amazon à un autre pour répondre aux besoins accrus de main-d’œuvre lors des fêtes.
  3. L’envoi, par Burning Man Org, d’un courriel d’appel aux dons adressé aux membres du DPW a déclenché une vive polémique sur leur liste de diffusion. Beaucoup y ont vu une forme de mépris : on leur demandait de contribuer alors même qu’ils n’avaient reçu aucune aide, ni compensation, qu’elle soit financière ou symbolique, face aux pertes financières subies.
  4. Gate et les Rangers : « Il existe une forte inquiétude concernant la fréquence élevée de dépression et de suicides parmi les employés de Black Rock City LLC (BRC). Bien que plusieurs facteurs contribuent à la dépression et au suicide, et qu’une corrélation ne signifie pas nécessairement causalité, le fait demeure que trois suicides en une seule année représentent un taux étonnamment élevé pour une population aussi réduite. D’autant plus que, bien que ces décès soient pleurés, ils ne sont pas entièrement inattendus. Pour mettre cela en perspective, l’armée américaine a rapporté en 2011 un pic de 22,9 suicides pour 100 000 soldats, soit le taux le plus élevé observé en dix ans. Le rapport pour 100 000 individus semble être la mesure de référence pour ce type de statistique. En supposant que l’ensemble des équipes de Gate, du DPW et des Rangers compte environ 1 000 personnes, cela correspondrait à un taux de 300 suicides pour 100 000. Autrement dit, sur le plan statistique, les employés de Black Rock City seraient treize fois plus susceptibles de se suicider pendant l’intersaison que des vétérans revenant du combat actif. Même lors d’une « année calme », où un seul membre du personnel de BRC se suicide, le taux reste
  5. quatre fois supérieur au plus haut taux jamais enregistré dans l’armée » (Spencer & Karlis, 2018, p.20, traduit de l’anglais).